Point de presse de Mme Françoise David, députée de Gouin, Mme Diane Gadoury-Hamelin, adjointe parlementaire au ministre de la Santé et des Services sociaux, et de Mme Marguerite Blais, députée de Saint-Henri--Sainte-Anne.

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André Thibeault

Université d’Ottawa

Faculté d’Éducation


Création des termes « sourdien » et « sourdienne »


Permettez-moi de me présenter.  Je m’appelle André Thibeault.  Je suis un Sourdien fier d’employer à tous les jours la langue sourdienne québécoise (LSQ) et de démontrer l’existence et la valeur de la culture sourde à mes semblables.


Probablement que, parmi vous, plusieurs ne savent pas ce que veut dire le mot « Sourdien/ne ».  Je m’appliquerai donc à vous expliquer la signification de ce nouveau mot.  Étant donné que mon raisonnement est basé sur la méthode logique et non sur des recherches scientifiques, cela vous permettra de mieux comprendre le mot sourdien que vous trouverez dans le dictionnaire dans un avenir prochain.  De plus, je discuterai un peu du sens de l’ouïe, de la définition des mots « surdité » et « sourd » et de l’utilisation du terme « Sourd » avec la majuscule initiale (S) ou la minuscule initiale (s).  Finalement, je terminerai mon exposé en traitant de la question de l’utilisation des termes sourdien et sourdienne.


Premièrement, passons au récit des faits passés concernant le sens de l’ouïe.  Même avant Jésus-Christ, les philosophes parlaient de la condition humaine, de la perception extérieure de nature physique ou chimique : l’ouïe, la vue, l’odorat, le goût et le toucher.  En effet, Aristote, un philosophe grec (384-322 avant Jésus Christ), disait: « De tous les sens, c’est l’ouïe qui contribue le plus à l’intelligence et à la connaissance ».  Aristote est aussi l’auteur d’un grand nombre de traités de logique, de biologie (anatomie), de politique, de physique et de métaphysique.  Mais, de nos jours, il suffit de chercher dans les dictionnaires le mot « ouïe » suivi de sa définition pour obtenir des informations sur le sens de l’ouïe par lequel sont perçus les sons.


Deuxièmement, pour ce qui a trait aux caractères essentiels des mots « surdité » et « sourd », je cite les définitions données dans le dictionnaire Le Petit Larousse 1997 qui se lisent comme suit :

SURDITÉ  n.f. (du latin surdus, sourd). Perte ou grande diminution du sens de l’ouïe.  

SOURD, E  adj. et n. (latin surdus).  Qui est privé du sens de l’ouïe ou chez qui la perception des sons est perturbée.

Cependant, dans Le Petit Larousse 2010 la définition du mot sourd est différente :

SOURD, E  adj. et n. (latin surdus).  Se dit d’une personne atteinte de surdité.

Bien que la définition du mot sourd ait évolué, elle s’apparente à celle d’auparavant, tout en étant plus près de la réalité et de ses caractères essentiels.  Pour les personnes sourdes et entendantes, la compréhension des mots de la langue française dont les paramètres sont différents de ceux de la LSQ est difficile, et apprendre comment distinguer les différents sens d’un même mot exige des explications et des stratégies qui leur permettront de se familiariser à utiliser un dictionnaire.  Quant aux définitions données dans Le Petit Robert, les voici :


SURDITÉ  n. f.  Affaiblissement ou perte complète de l’ouïe.  

SOURD, E  adj. et nom  Qui perçoit mal les sons ou ne les perçoit pas du tout.


Troisièmement, j’expliquerai l’utilisation du terme « Sourd » avec la majuscule initiale (S) dont l’existence remonte seulement aux années 1970 et celle de la minuscule initiale (s) qui existe depuis fort longtemps.  J’aborderai également la problématique de l’ambiguïté de leur usage. D’abord, le mot Sourd avec un (S) majuscule est une convention académique adoptée par l’Université Gallaudet à Washington D.C. (États-Unis) qui fait partie de la communauté linguistique et culturelle des Sourds qui utilisent la langue des signes.  À partir de cette convention et de la définition donnée dans Le Petit Larousse 2010 du mot « sourd », je complèterai l’information sur son utilisation avec la majuscule ou la minuscule en vous transmettant, en partie, l’opinion et la position des auteurs suivants : Colette Dubuisson et Marie Nadeau (1993), Nathalie Lachance (2007), et Marguerite Blais (2006). J’ai soumis à leur examen et à leur jugement les quatre phrases mentionnées ci-dessous :

1) Le Québécois joue avec le Sourd.

2) L’enfant québécois joue avec l’enfant sourd.

3) L’entendant joue avec le sourd.

4) L’enfant québécois joue avec l’enfant Sourd.


Quant à l’ouvrage de Colette Dubuisson et Marie Nadeau, Études sur la langue des signes québécoise (1993), le renvoi (1) en bas de la page 1 est le suivant : « Nous suivons dans ce volume la convention proposée par Woodward (1982) qui consiste à écrire « Deaf » avec une majuscule lorsqu’il s’agit non de la condition physiologique de la personne mais plutôt de son appartenance à une culture.  Nous écrivons donc « Sourd » avec une majuscule dans les mêmes conditions mais seulement lorsqu’il s’agit d’un nom et non d’un adjectif.  De plus, en 2010, lors d’un échange de courriel concernant l’utilisation de la majuscule ou la minuscule dans les quatre phrases proposées à son appréciation, Madame Dubuisson me disait : Le français se distingue beaucoup de l’anglais en ce qui concerne l’usage des majuscules, en particulier pour les adjectifs qui ne s’écrivent pratiquement jamais avec une majuscule.  Il est donc vrai que lorsqu’on utilise « sourd » avec un nom, on ne peut pas savoir s’il s’agit du sens culturel ou audiologique.  Il y a bien des contextes où la distinction n’est pas pertinente.


En rapport avec l’ouvrage de Nathalie Lachance Territoire, transmission et culture sourde (2007), le renvoi (1) en bas de la page 2 se lit comme suit : « Le terme Sourd (qu’il soit écrit avec une majuscule ou une minuscule) fait référence à un groupe d’individus partageant une histoire, une langue et une culture communes.  Lorsqu’il est utilisé comme un nom, il s’agit toujours d’un nom propre qui doit être compris comme désignant un large éventail de personnes dont l’identification et l’appartenance à la collectivité sourde qui sont variables, fluctuantes et changeantes.  Ainsi, le terme se doit d’être plus englobant qu’excluant.  De même, lorsqu’il est utilisé comme adjectif et, par conséquent, avec une minuscule, il fait référence à un groupe d’individus partageant une histoire, une langue et une culture communes.  De la même manière que le nom Québécois et l’adjectif québécois définissent la même réalité.  De plus, lors d’un échange de courriel en 2010 concernant l’utilisation de la majuscule ou minuscule dans les quatre phrases proposées à son appréciation, Madame Lachance m’avisait qu’il fallait faire attention, car elle n’utilisait pas le terme « Sourd » de la même façon qu’on le reprend normalement dans le milieu de la surdité.  Elle expliquait qu’il y a une convention dans le milieu de la surdité en ce qui concerne l’utilisation du terme Sourd avec un (S) majuscule pour faire référence aux personnes sourdes qui s’identifient à la culture sourde, à la langue des signes et à la communauté sourde, et que cette convention est utilisée pour distinguer deux catégories d’individus sourds, soit des personnes qui partagent une langue, des pratiques et des valeurs communes, ou bien des personnes qui sont physiquement sourdes mais qui ne s’identifient pas à la culture ni à la collectivité sourde.  Le terme est donc utilisé à la fois comme nom propre avec un (S) majuscule et comme nom commun avec un (s) minuscule.  L’une des conséquences les plus directes de cette convention est qu’elle fige des critères d’inclusion et d’exclusion qui sont en réalité fluctuants selon les contextes historiques, les différentes régions, ou entre les interlocuteurs.  Par conséquent, Madame Lachance utilise toujours le terme sourd (avec ou sans majuscule) pour faire référence aux personnes sourdes qui s’identifient à la culture sourde, à la langue des signes et à la communauté sourde.  Quand elle désire parler de personnes qui sont physiquement sourdes mais qui ne s’identifient pas à la culture ni à la collectivité sourde, elle privilégie des expressions comme « des personnes ayant une perte auditive ».


Pour ce qui est de l’ouvrage de Marguerite Blais, La culture sourde : Quêtes identitaires au cœur de la communication (2006), je cite le renvoi (1) en bas de la page 1 indiquant le sens du texte: « Par convention, le substantif « Sourd » avec la majuscule initiale (S) désigne les personnes qui revendiquent leur appartenance à la culture sourde en référence à Woodward (1972) dans Implication for Sociolinguistic Research among the Deaf, alors que le substantif « sourd » avec la minuscule initiale (s) est utilisé en référence aux aspects physiologiques de la surdité ».  De plus, lors d’un échange de courriels en 2010 concernant l’utilisation de la majuscule ou de la minuscule du mot sourd dans les quatre phrases soumises pour obtenir son avis, Madame Blais me signalait que Colette Dubuisson, dans Nouvelles pratiques sociales (printemps 1993), a écrit, en bas de la page 63 de l’article Signer ou le sort d’une culture, la note suivante : « J’adapte au français la convention proposée par Woodward (1972) ».  Ainsi, Madame Blais pense de la même manière lors de ses recherches basées sur des ouvrages qui avaient été validés par les Sourds/sourds eux-mêmes.  Elle disait qu’elle écrivait le mot Sourd avec une majuscule pour référer aux personnes revendiquant leur appartenance à la culture sourde et à l’importance d’utiliser une langue gestuelle pour communiquer, et le mot sourd avec une minuscule pour référer aux aspects physiologiques de la surdité.  Lors d’un autre de nos échanges, Madame Blais me disait que l’enfant sourd n’est jamais Sourd.  Il est tout simplement considéré comme étant sourd même par les sourds eux-mêmes.  Car les Sourds perçoivent (selon elle et Roots (1999) l’enfant en terme physiologique, donc en terme de perte auditive.  Son choix culturel n’est pas encore fait puisque 90% des enfants sourds sont issus de parents entendants. Attention, ici il faut préciser que Mme Dubuisson est linguiste, Mme Lachance est anthropologue, et Mme Blais a pour sa part fait un doctorat en communication.  Cela peut traduire des différenciations dans leurs perceptions.



Maintenant, j’aborderai la problématique de l’ambiguïté concernant l’usage de la majuscule et de la minuscule du terme « sourd ».  La réponse à ce problème est difficile.  D’abord, il faut dire que le français se distingue de l’anglais quant à l’utilisation de la majuscule ou de la minuscule du mot « sourd » et que la majuscule n’est pas employée souvent tandis que la minuscule l’est fréquemment.  Mais, il est évident que la pensée des Sourds est différente de celle des entendants.  Étant donné qu’ils utilisent le terme conventionnel « sourd » avec une minuscule seulement, il faudra trouver une solution répondant au dénouement de cette difficulté en apportant des éclaircissements entre les deux visions formulées ci-après, et aussi entre l’utilisation de la majuscule (S) ou de la minuscule (s) : 1) la vision médicale, pathologique ou physiologique (privé du sens de l’ouïe ou la perte d’audition) ; et, 2) la vision culturelle ou sociologique (l’appartenance à une culture ou à une collectivité).  Donc, selon ces deux visions quant à l’utilisation de la majuscule ou de la minuscule, le terme conventionnel « sourd » (avec une minuscule seulement) est équivoque, car à double sens.  Alors, il faudra trouver une solution adéquate afin de permettre à la population sourde de comprendre le sens des deux visions et de faire une différence entre l’utilisation de la majuscule (nom propre) ou de la minuscule (nom commun et adjectif) du mot « sourd ».


Finalement, il reste à aborder la question de l’utilisation des termes sourdien et sourdienne.  Sourdien est un mot qui a déjà existé en République centre-africaine, mais qui est inconnu dans notre milieu ou ailleurs. Alors, pourquoi ne pas en reprendre l’utilisation?

 

Je commencerai par rapprocher le terme « sourd » et le terme « sourdien ».  Le mot « sourd » en langue des signes ne signifie pas la même chose en français.  En langue des signes, Sourd avec un (S) majuscule est une convention adoptée par l’Université pour sourds de Gallaudet à Washington  D.C. qui fait partie de la communauté linguistique des Sourds qui pratiquent la langue des signes américaine (ASL). Si nous traduisons « Sourd » avec une majuscule initiale en français cela donnerait approximativement « Sourdien » pour les hommes et « Sourdienne » pour les femmes, ce qui signifie qu’ils ne sont pas handicapés mais qu’ils ont simplement un univers culturel et linguistique et un héritage à transmettre.  Les enfants sourds de parents entendants auront tout simplement un double héritage (celui des parents et celui des Sourdiens et Sourdiennes). C’est un double bagage enrichissant et épanouissant avec des moyens différents de transmission et de pensée.  J’ajoute le suffixe -ien à la racine du mot « sourd » et j’obtiens un mot nouveau : « sourdien ».  Le suffixe -ien marque l’origine ou l’appartenance et se joint à des noms propres et à des noms communs pour former des noms ou des adjectifs désignant des habitants de certains lieux, une orientation (religieuse, littéraire, etc.) une profession ou une occupation, un adepte de, etc. tels que Californie-californien (habitant), Kant-kantien  (orientation philosophique), Christ-chrétien (orientation religieuse), musique-musicien (profession), Épicure-épicurien (adepte).


Cependant, il faut faire attention de ne pas confondre les différentes particularités désignant l’origine ou l’appartenance à une culture et à une langue.  Les Sourdiens et les Amérindiens indiquent précisément leur appartenance culturelle et linguistique.  Tous les deux sont, soit un nom propre, auquel cas ils prennent une majuscule initiale (les Amérindiens, les Sourdiens), soit un adjectif, auquel cas ils prennent une minuscule initiale (les coutumes amérindiennes, la langue sourdienne québécoise), mais ils ne peuvent pas être un nom commun.  De plus, il y a plusieurs langues amérindiennes (l’iroquoien, l’algonquien, etc.) et plusieurs langues sourdiennes (québécoise (LSQ), française (LSF), américaine (ASL), etc.).  Tandis que les mots collégien (élève d’un collège), polytechnicien (étudiant de l’École polytechnique), galérien (homme condamné aux galères), milicien (individu appartenant à une milice) sont différents.  Ce sont des noms communs et n’ont aucune appartenance culturelle ni linguistique.  Le mot Sourdien avec la majuscule initiale (S) s’applique seulement au nom propre tel que le Sourdien ou la Sourdienne, alors que le mot sourdien/ne avec la minuscule initiale (s) ne peut pas être un nom commun mais correspond à un adjectif, comme la culture sourdienne, la communauté sourdienne, la collectivité sourdienne, la langue sourdienne, l’identité sourdienne, etc.


Dans les ouvrages de Dubuisson et Nadeau (1993), Lachance (2007), et Blais (2006), je constate que ces auteurs utilisent le terme Sourd avec une majuscule qui signifie l’appartenance à une culture ou à la collectivité tout comme le terme Sourdien marque l’appartenance à une culture et à une langue.  Aussi, le mot sourdien (sourd + le suffixe -ien) peut se joindre à un nom commun pour former un nom (propre) ou un adjectif désignant l’ensemble de personnes constituant la communauté sociale, culturelle et linguistique.


Afin d’apporter des éclaircissements sur la manière d’utiliser le terme sourd et le mot sourdien, je vous propose les phrases suivantes :


Nom propre : Le Québécois joue avec le Sourdien.

(Le Sourdien signifie l’appartenance à une culture ou un groupe d’individus partageant une histoire, une langue et une culture communes).


Adjectif : L’enfant québécois joue avec l’enfant sourd.

(L’adjectif sourd signifie qui n’entend pas ou est privé du sens de l’ouïe, ou signifie la condition physiologique de la surdité).


Adjectif : L’enfant québécois joue avec l’enfant sourdien.

 (L’adjectif sourdien signifie qui appartient à une culture ou à un groupe d’individus partageant une histoire, une langue et une culture communes).


Nom commun : L’entendant joue avec le sourd.

(Le nom commun sourd veut dire une personne qui n’entend pas ou une personne privée du sens de l’ouïe ou qui appartient à la condition ou l’aspect de la physiologie de la surdité).

   

Pour le terme sourd, j’ai tenu compte de la vision médicale, pathologique ou physiologique appropriée et employée.  Pour le terme sourdien, j’ai pris en considération la vision culturelle ou sociologique.  Le terme médical, pathologique ou physiologique est le concept du sens de l’ouïe pour lister les mots se rapportant aux personnes ayant bien peu ou pas d’audition : entendant, devenu-sourd, malentendant, demi-sourd, sourd profond, déficient auditif, sourd oraliste, demi-entendant, malsourd, sourd parlant, sourd gestuel, sourd-muet, perte d’audition parce que le sens de l’ouïe est lié souvent au son et à la parole.  Le milieu de la surdité favorise la science médicale, l’audiologie, l’orthophonie, la réadaptation scolaire ou l’enfance en difficulté, la communication adaptée (LSQ 1, 2, 3, 4 et 5), la vidéo « adaptée » de la LSQ, etc.  Le mot surdité est formé de la racine latine « surd » (privé du sens de l’ouïe) et du suffixe « -ité » qui correspond à la maladie ou à la déficience.  Quant au terme culturel ou sociologique, c’est le concept de l’appartenance pour lister les mots suivants : la Sourdienne, le Sourdien, le groupe minoritaire, le groupe culturel, le groupe social, un membre de la communauté linguistique, l’identité collective, la différence, etc., parce que l’appartenance est liée à la culture et à la langue.  L’ensemble de ces mots du terme culturel ou sociologique ne s’applique pas à la surdité parce que la description concerne généralement la perte d’audition.


De plus, les traducteurs du mot anglais Deafhood, proposé par l’auteur sourdien Ladd (2003), utilisent le mot français « surditude » (déjà employé et adopté en Europe) en plus de la racine latine « surdi », surdité, surdicécité, surdimutité, mots qui correspondent à l’état des personnes ayant des déficiences sensorielles.  L’intérêt de remplacer progressivement des mots nous incite à réfléchir aux implications de la surdité dans ces rapports, espérant mieux comprendre l’individu et ses chances d’intégration sociale.  De ce point de vue, je propose le terme sourditude formée de la racine française sourd et du suffixe -itude (qui correspond à la qualité ou à l’état des personnes sans être péjoratif).  La définition de la sourditude est : l’ensemble des caractères, des manières de penser, de sentir qui sont propres au Sourdien.  Le milieu de la sourditude renferme la science humaine, la linguistique (langues sourdiennes), l’anthropologie (culture et identité sourdiennes), la didactique de la LSQ (langues première et seconde), le dictionnaire de la LSQ, le programme-cadre académique en LSQ pour les étudiants sourdiens (de la maternelle à la 12e année), les étudiants québécois, franco-ontariens et franco-brunswickois (à partir de la 9e année) comprenant la communication signée, la signécriture (sign writing) (la lecture et l’écriture) qui est un système d’écriture pour lire et écrire la langue sourdienne, et la vidéo « traduite » en LSQ, etc.  Donc, l’ensemble de ces mots du terme culturel ou sociologique mentionnés plus haut s’appliquent à la sourditude.


Pour ce qui est des termes sourdien et sourdienne, je propose qu’ils soient reconnus et ajoutés comme nouveaux mots dans le dictionnaire et je suggère la définition suivante :

SOURDIEN, NE  adj. et nom  Qui appartient à une culture et à une langue de la communauté ou collectivité de ce nom.  


Quant à l’utilisation de la majuscule initiale (S) et de la minuscule initiale (s), veuillez vous référer au tableau ci-dessous, lequel présente les différentes utilisations de la majuscule ou de la minuscule du terme sourd et du terme sourdien.


Usages de la majuscule et de la minuscule initiale
(Oui indique applicable. Non indique non applicable)









 

   




Pour conclure, j’ose croire que mes réflexions portant sur la culture sourdienne vous seront profitables et faciliteront votre compréhension et vos habiletés.  En somme, le développement des stratégies pédagogiques est constitué de défis énormes et nécessite une attitude active de tous afin de permettre une insertion harmonieuse de la collectivité sourdienne dans une société d’entendants.  Qu’en pensez-vous?


BIBLIOGRAPHIE


Blais, M. (2006). La culture sourde. Quêtes identitaires au cœur de la communication, Québec, Les Presses de l’Université Laval.


Centre de communication écrite (2007), Suffixes -ais -ois -ien
[http :’www.cce.umontreal.ca. /capscules/suffixes–ais-ois–ien/htm] consulté le 19 novembre 2007.


Drion, B. (2008). Information pour les parents d’enfants sourds

[http://forum.doctissimo.fr/sante/audition/information-parents-enfants-sujet_148532_1.htm] consulté le 1er avril 2008.


Dubuisson, C. (1993),  « Signer ou le sort d’une culture », dans M. Hillion, J. Labrèche et M. Vallières (sous la dir. De),Nouvelles Pratiques sociales, vol. 6, no 1, printemps, Presses de l’Université du Québec, p 57-68.


Dubuisson, C. et M. Nadeau (dir.) (1993), Étude sur la langue des signes québécoise. Montréal, Presses de l’Université de Montréal.



Lachance, N. (2007), Territoire, transmission et culture sourde. Perspectives historiques et réalités contemporaines. Québec, Les Presses de l’Université Laval.


Ladd, P. (2003),  Understanding Deaf Culture.  In Search of Deafhood. Clevedon (England), Multilingual Maters LTD.


Le Petit Larousse (2010). Les Éditions Larousse, 1883 pages.


Le Petit Larousse (1997). Les Éditions Larousse, 1785 pages.


Roots, J. (1999), The Politics of Visual Language: Deafness, Language Choice, and Political Socialization. Canada, Carleton University Press.


Woodward, J. (1982),  How you Gona Get to Heaven if You Can’t Talk to jesus?, Silver Spring (Mayland), T.J. Publisher.


Woodward, J. (1972), « Implications for Sociolinguistics Research Among  the Deaf», Sign Language Studies, no 1, p 1-7.

 


Terme

Nom propre

Adjectif

Adjectif

Nom commun


Un S majuscule

Un s minuscule

Un S minuscule

Un s minuscule

Sourd, e

Non

Oui

Non

Oui

Sourdien, ne

Oui

Oui

Non

Non

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